La névrose: causes et symptomes aussi les traitements efficaces


La névrose est une organisation particulière de la personnalité, dont les gens souffrent et dont ils se rendent compte. Ils sont entravés dans leur vie amoureuse et dans leur vie professionnelle. Elles se caractérisent par un certain nombre de symptômes : Les phobies, les obsessions, somatisations... Ce sont les névroses qui permettent le mieux de comprendre un symptôme.
En principe, il n'y a pas, dans les névroses, de perte de réalité, au sens qu'il n'y a pas, comme dans les psychoses, une création d'une néoréalité, conception délirante de la réalité.
Le sujet a conscience d'un conflit interne, de l'opposition en lui, de plusieurs choses contradictoires qu'il n'arrive pas à résoudre. Le névrosé se sent fondamentalement divisé.
Historique
C'est en 1769 qu'un professeur de médecine d'Edinburgh, W. Cullen va inventer le terme de névrose pour désigner tous les symptômes nerveux sans pathologie organique reconnue.
Le terme de névrose va progressivement recouvrir le champ des affections mentales dont la causalité psychogénétique est de plus en plus évidente : domaine de la folie, des psychoses puis des psychonévroses et de l'hystérie.
Ainsi, Cullen met en évidence une articulation, encore mystérieuse, entre le corps et le psychisme.
A sa suite, Pinel va regrouper dans la classe des névroses les maladies neurologiques organiques (affections comateuses) et les maladies qui tiennent pour lui à des causes morales (comme les affections hypocondriaques et mélancoliques, ainsi que les manies, l'hystérie et le somnambulisme).
J-M Charcot (1825-1893), neurologue, proposa un lien entre la neurologie et la psychiatrie, et donc un nouveau modèle du fonctionnement mental. Il envisage une forme généralisable et psychique de l'hystérie. Il développe la technique de l'hypnose. Pour l'hystérie, il suppose un lien avec une pathologie de l'activité cérébrale. Devant son échec, ses élèves, Raymond et Janet, orientent leurs travaux vers une approche plus psychologique. Raymond reprendra le terme de psychonévrose mettant ainsi l'accent sur la causalité psychologique des névroses.
Pour Janet, les névroses sont 'des maladies de la personnalité caractérisées par des conflits psychiques qui inhibent les conduites sociales'. Elles s'organisent selon deux grandes catégories, l'hystérie et la psychasthénie.
C'est dans l'histoire du sujet qu'il faut chercher l'origine du trouble. Ainsi, dans sa théorie, Janet met davantage l'accent sur la socialisation des conduites que sur les mécanismes psychiques du sujet, il y a articulation entre le sujet et l'autre.
Freud va s'intéresser au conflit intra psychique mis en jeu dans les névroses en le situant entre le conscient et l'inconscient et s'articulant autour du mécanisme de refoulement.
Freud conserve l'héritage de Charcot. Il travaille sur l'hystérie et garde l'idée d'un noyau articulaire entre le corps et l'organisation de la vie en collectivité. L'hystérique souffre d'un déséquilibre psychique qui concerne sa représentation corporelle. Ainsi, il suppose un lien entre les représentations corporelles du patient et son 'accord' imaginaire avec le monde extérieur. Il accorde un rôle particulier à la parole en tant que traductrice des représentations psychiques du patient. A partir de l'hystérie, il pose l'hypothèse générale d'une perturbation de la fonction sexuelle chez les névrosés. Il utilise la méthode de l'association libre.
Ainsi, la névrose devient une affection liée à un conflit psychique inconscient d'origine infantile et ayant une cause sexuelle. Elle résulte d'un mécanisme de défense contre l'angoisse et d'une formation d'un compromis entre cette défense et la possible réalisation d'un désir.
Freud fait une distinction entre les psychonévroses et les névroses actuelles. Les névroses actuelles tirent plus leur origine dans un événement présent que dans l'histoire du sujet (névroses d'angoisse, la neurasthénie et l'hypocondrie). Les psychonévroses, liées à l'histoire infantile du sujet, se divisent en névroses narcissiques et névroses de transfert. Les névroses de transfert sont les affections dans lesquelles la libido se place sur des objets réels ou imaginaires et autorise le transfert (névroses hystériques, obsessionnelles et phobiques). Les névroses narcissiques désignent les névroses pour lesquelles ce transfert est rendu impossible par le retrait de la libido sur le Moi.
Définition
La névrose est une affection psychogène ou les symptômes sont l'expression symbolique d'un conflit psychique trouvant ses racines dans l'histoire infantile du sujet et constituant des compromis entre le désir et la défense.
Ainsi, les névroses sont des pathologies de la personnalité caractérisées par des conflits intrapsychiques qui transforment la relation du sujet à son environnement social en développant des symptômes spécifiques en lien avec les manifestations de son angoisse.
La névrose est en quelque sorte une 'solution' adoptée par le sujet pour faire face aux difficultés qu'il rencontre dans sa relation au monde extérieur.
Les signes cliniques
Les difficultés relationnelles
Il peut s'agir d'une simple plainte contre la hiérarchie professionnelle, de problèmes familiaux, de couple, de relation avec ses enfants, ses amis...
Le névrosé se sent maltraité, incompris, brimé, intimidé, trop agressif, impatient ou inhibé : il ne se sent jamais en phase avec un monde qui ne réagit pas comme il le voudrait.
Il est en conflit avec son environnement qui le perçoit 'caractériel', d'humer instable. Cette difficulté relationnelle l'entraîne souvent dans des attitudes de rivalités ou à l'opposé de retrait de compétition (asthénie).
Angoisse
L'angoisse s'accompagne de manifestations ou de sensations somatiques diverses, d'oppression ou de 'resserrement' (contraction de l'oesophage, spasme intestinaux, tachycardie, sudation).
Cette angoisse est combattue par des mécanismes de défense. Cependant, le sujet a conscient de ses troubles, et cette conscience renforce cette angoisse et rend progressivement inopérant les mécanismes qui la combattent.
Symptômes particuliers
Chaque névrosé témoigne de signes singuliers : rituels, pensées insistantes, mises en scène d'attitudes corporelles, ton de la voix...
Ces conduites échappent à la volonté du sujet qui 'ne peut s'en empêcher'. Elles mettent systématiquement en jeu la relation entre le sujet, son corps, ses pensées et le monde extérieur (ex : symptômes phobiques).
Sentiment de mal-être
Le névrosé vit mal son isolement : culpabilité massive.
Perception d'une conflictualité interne
Il en résulte une personnalité fragile
La conscience de difficultés sexuelles
Les anomalies des conduites sexuelles s'expriment par de l'inhibition ou par formation réactionnelle par l'excès. Il en résulte une pathologie du désir sexuel.
Le symptôme névrotique
Le traitement psychothérapique des névroses, nous a appris que les névroses sont fait de la vie psychique du sujet. La plupart du temps, le symptôme est un compromis entre deux parties de la personnalité, c'est un compromis de localisation de l'angoisse. On n'a pas une phobie des ascenseurs, des trains, une conversion hystérique pour rien, ça a toujours un sens dans l'histoire subjective de chacun, il est en partie lié à l'histoire personnelle de l'individu. Le travail d'une psychothérapie est d'apprendre des choses sur soi dont nous ne faisons pas une évidence.
La maladie névrotique est organisée autour du symptôme, souvent se rajoute de l'angoisse, le symptôme n'arrive plus à retenir l'angoisse, et de l'inhibition, de peur de voir se déclencher leur symptôme ils ne sortent plus de chez eux.
Liste des différentes névroses : Elles ont été divisées par Freud en 2 grandes catégories.
- Les névroses de défense : Elles ont pour but de contenir l'angoisse (la névrose hystérique, phobique et obsessionnelle).
- Les névroses actuelles ou indifférenciées : Pour lesquelles l'angoisse est mal contenue, il n'existe pas de symptôme à proprement parlé (névrose d'angoisse traumatique).
La névrose hystérique
Elle est centrée autour de la conversion somatique. La conversion somatique s'explique sur la personne, sur le mode de ses plaintes corporelles, plaintes particulières au sens qu'elles reproduisent des affections corporelles connues. Elles peuvent prendre l'allure de choses banales (douleurs abdominales, dorsales...), elles sont toujours référées au corps.
Les gens se plaignent de leurs symptômes mais ne s'en occupent pas trop. L'hystérie évolue sous forme de crises, troubles sensoriels, surdités, troubles de la marche... L'hystérie a été décrite comme féminine. Un grand aspect de l'hystérie était la séduction avec impossibilité de passer à l'acte, troubles important de la sexualité dans l'hystérie. Aspect de séduction qui a fait dégénéré le tableau de l'hystérie péjoratif. L'hystérie est donc devenue le mal-entendu d'une dénomination.
Cette névrose hystérique a été pendant longtemps l'observation clinique de nombreux neurologues, les hystériques réagissent fort bien sous hypnose. Freud a sorti les hystériques de leurs troubles en reconstituant leur histoire personnelle. Freud a alors introduit une dimension qui a fait passer l'hystérie de spectacle à celle de l'écoute, et ainsi est née la psychanalyse comme libre association pour permettre aux patients de reconquérir leurs symptômes. Freud a ainsi formulé une théorie de l'hystérie qui souffre de réminiscence de troubles pathogènes dont il ne reste que des traces corporelles. L'hystérie a donc été le prototype de la névrose et le traitement.
Symptômes hystériques
- Le théâtralisme : l'expression somatique des sentiments est exagérée
- La mythomanie : l'hystérie falsifie perpétuellement ses rapport avec autrui. Elle se fait passer pour autre qu'elle n'est pas
- La falsification de l'existence : elle se manifeste particulièrement dans le langage (celui-ci est superlatif, emphatique et imprécis)
- La suggestibilité : l'hystérique est influençable, inconsistant, oscillant, versatile
- L'inconsistance du Moi : l'hystérique doute toujours de sa propre valeur et a toujours besoin d'être rassurée par une relation sécurisante à autrui. L'hystérique n'existe que dans son personnage dans la mesure où il est reconnu intéressant.
- L'imaginaire : l'hystérique investit une part importante de son temps et de ses intérêts dans une intense activité fantasmatique, à la fois nocturne (rêves) et diurne (rêveries fantasmatiques). La fonction de l'imaginaire réalise un compromis entre le désir et la réalité. La fantasmatisation est la traduction du retour du refoulé. L'imaginaire de l'hystérique est peuplé de fantasmes oedipiens plus ou moins déplacés.
La névrose phobique
La phobie est une projection de l'angoisse sur des objets avec pour conséquence une entrave dans les déplacements de ceux qui sont porteurs de ces phobies.
La plupart du temps, la névrose phobique s'accompagne d'un dépressivité importante. La personnalité phobique est assez évitante, difficultés relationnelles, ils sont un peu craintifs. Mais ce sont des gens qui sont intellectuellement assez brillants.
La névrose obsessionnelle
Les obsessions, contrairement à la phobie qui est une projection des angoisses sur des lieux ou des objets, sont une projection sur des idées qui conduisent le sujet à avoir peur de penser, grande dimension de culpabilité. Ces obsessions sont, la plupart du temps, à l'égard des choses cachées ou réprimées socialement et souvent concernant la sexualité. Le propre des obsessions est que si on ne peut se débarrasser des objets externes, il est difficile de se débarrasser de ses idées. Peur que ces idées peuvent avoir des actions. Ces gens sont dans un système de pensées dans lequel ils se font un mal considérable. Vie absolument infernale, d'autant plus que se rajoutent aux obsessions des convulsions car ils conjuguent des opérations mentales pour éviter leurs obsessions, comme l'obsession des microbes par la personne qui se lave en permanence les mains. Les obsessionnels ont des rituels. Perte de temps, d'énergie, épuisement -> Psychasthénie. Ce sont des gens qui ont un problème majeur avec l'agressivité avec autrui, ils s'interdisent toutes les pensées mauvaises, donc il y a une proportion à rendre l'autre agressif par ses rituels.
Névrose traumatique
Ce sont des gens qui ont subit un traumatisme et ils n'arrivent pas à s'en sortir, le rêve toutes les nuits, y pense toute la journée. Le propre des névroses traumatiques est la répétition. Cette répétition survient, la plupart du temps, chez des gens qui n'ont pas été préparés à l'événement, à la névrose traumatique.
La névrose d'angoisse
Ce sont des gens toujours angoissé, peur permanence de ce qui peut arriver. Il n'y a rien pour fixer l'angoisse, il n'y a pas de répétition, d'obsessions... La névrose d'angoisse est très ouverte sur la psychose.
Traitement
Pendant longtemps le traitement des névroses a été la psychothérapie, mais on s'est aperçu qu'elle ne marchait pas dans tous les cas, dont dans les névroses graves sur lesquelles la chimiothérapie marche. Le traitement actuel est large. Les psychothérapies restent tout de même une bonne indication dans la mesure où le symptôme s'inscrit dans une histoire personnelle. Traitement à long terme.
BURLOUX GLe corps et sa douleur : hypocondrie, hystérie, névrose, Dunod, 2004
CHABERT CNévroses et fonctionnements limites, Dunod, 2003
CHEMAMA RDépression, la grande névrose contemporaine, Erès, 2006
CROCQ LLes traumatismes psychiques de guerre, Odile Jacob, 1999
MANUS APsychoses et névroses de l'adulte, Que sais-je ?, PUF, 1992
MENECHAL JQu'est-ce que la névrose?, Les Topos, Dunod, Paris, 1999

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